lors de sa visite Nikolas Sarkozy annonce la tenue en 2010 à Paris d’une conférence de bailleurs de fonds pour les Grands Lacs.
Le président français, Nicolas Sarkozy, est arrivé à Kinshasa, ce jeudi 26 mars, première étape d’une tournée qu’il effectue dans trois pays africains, la République démocratique du Congo, le Congo/Brazzaville et le Niger. Il s’agit de sa première visite dans le continent africain depuis son voyage express en mai de l’année dernière en Angola. M. Sarkozy, qu’accompagnait la ministre française de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi ainsi qu’une dizaine des chefs d’entreprise, est arrivé au Palais de la Nation vers 10 h 30 environ. Le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, est venu accueillir son hôte de marque à l’entrée principale du Palais de la Nation. Deux temps forts ont marqué le passage du président français dans cet édifice qui abrite la présidence de la République congolaise : le tête-à-tête avec son homologue congolais et la visite du Mausolée où repose en paix le héros national Laurent-Désiré Kabila.
Après le Palais de la Nation, Nicolas Sarkozy s’est rendu au Palais du peuple, siège du Parlement congolais où était prévue une séance académique. Sénateurs, députés, ministres et autres animateurs des institutions étaient présents à cette rencontre. C’était l’occasion pour le président français de s’expliquer sur l’initiative de paix controversée qu’il avait proposée en janvier pour tenter de régler de manière durable le conflit à l’Est de la Rdc.
Au cours de son adresse devant les parlementaires congolais, Nicolas Sarkozy a mis l’accent sur un « nouvel élan » de la coopération régionale. Il s'est longuement attaché à lever les malentendus suscités à Kinshasa par ses déclarations où il suggérait un partage « de l'espace » et des « richesses » minières entre la RDC et le Rwanda voisin.
Le Président Sarkozy a salué la « décision courageuse » de son homologue congolais d'avoir invité le Rwanda à l'opération militaire conjointe lancée en janvier dans l'Est de la Rdc pour nettoyer cette partie du territoire congolais des forces négatives, notamment des rebelles Hutus rwandais. M. Sarkozy veut voir dans cette action les prémices d'une véritable refondation de la région, car, a-t-il souligné, « une coopération structurée, c'est la certitude pour tous d'être gagnants ».
Tout en refusant de porter le costume de « donneur des leçons » à ses hôtes, il a suggéré à la RDC et au Rwanda, mais aussi au Burundi, à l'Ouganda, à la Tanzanie et même au Kenya voisins, de prolonger cette démarche en donnant un « nouvel élan » à leur coopération autour de « projets qui fédèrent » en matière de transports, d'énergie, de filières agricoles ou industrielles.
« La paix et la prospérité de l'Europe se sont construites sur ces bases », a rappelé le président français, proposant la création d'une « agence régionale pour le développement et l'aménagement » et d'accueillir à Paris en 2010 une conférence des bailleurs de fonds pour soutenir la coopération économique dans l'Afrique des Grands lacs.